Épisode 5 : Esthétique et incandescence
T2 des Chroniques
de Covaulles-les-Deux-Clochers
La Vierge incandescente
9
Une fois le confinement levé, le conseil d’administration de l’association Covaulles’Art Expo s’était réuni le samedi 16 mai 2020, la veille d’une battue organisée par un lieutenant de louveterie mandaté par la préfecture pour se débarrasser d’un loup mangeur d’homme. Les rassemblements de plus de dix personnes étaient toujours interdits, mais, pour cette réunion, les membres étaient passé outre. Par prudence, tous avaient néanmoins gardé le masque et s’étaient salué en respectant la distance sanitaire. Réunis dans le local autour de la table habituelle, ils ne partageaient pas, non plus, le café et les gâteaux traditionnels.
Malgré la frustration d’une convivialité entravée, les retrouvailles étaient joyeuses. La vie reprenait son cours. L’ordre du jour de la séance ne comprenait qu’une question, mais elle était d’importance. Fallait-il ajourner l’exposition, comme les responsables de la plupart des autres événements, festifs, culturels ou sportifs, l’avaient décidé partout en France ? Pour le trenttième anniversaire, c’était un crève-cœur. Les avis étaient partagés et la discussion s’éternisait.
Alors, Jérémie, ménageant ses effets, avait affiché sur son ordinateur l’image de la tapisserie. Il avait retourné l’appareil pour que tous voient bien l’écran et un frisson avait parcouru la table.
— Waouh, s’était exclamé Dino, c'est gonflé ! Typique de la « figuration libre » et, ce visage… Miyazaki revisité par Warhol ! je reconnais la pâte de Betty. C’est tout à fait son truc de mélanger ainsi les genres. D’où sors-tu cette merveille ?
— Betty ? C’est pas le prénom que j’ai vu sur la signature, je crois que l’auteur, c’est son fils. Et on n’est plus dans « la figuration libre », mais dans le Hi-Lite, répondit Jérémie content de montrer qu’il était très au fait l’actualité artistique.
— Ok, ok, Hi-Lite, et moi je suis has been. Faut que j’arrête de peindre. Mais tu sors d’où cette image ?
— Je ne vous en avais pas parlé. Jusqu’à hier, ce n’était qu’un rêve. Mais la pandémie a tout changé et c’est, peut-être maintenant pour nous, une occasion en or, un truc qui pourrait nous faire connaître à un niveau national, affirma le directeur.
Il relata sa visite de l’atelier des lisseurs avec les deux Jésuites. Aucun présent à la réunion, à part le directeur et le frère Jacques, n’était au courant et tous ignoraient l’existence du tableau et de la tapisserie. La surprise était totale. Chacun se leva pour examiner de plus près l’écran sur lequel les couleurs explosaient.
— J’ai reçu hier un appel des lisseurs, reprit Jérémie. Ils se désespéraient de ne pas pouvoir montrer leur ouvrage. Ils ont contacté leur commanditaire et l’ont convaincu de le présenter à Covaulles dans une exposition rurale, une des rares à se tenir malgré la pandémie. Toutes les galeries resteront encore fermées cet été et le commanditaire souhaite néanmoins faire admirer rapidement la tapisserie. La pandémie pourrait nous porter bonheur, malgré tout. Après le loup et la disparition de Serge, cela ferait du bien !
Un vif débat s’était alors ouvert au sein du conseil. Plusieurs personnes n’appréciaient pas de n’avoir pas été consultées ni invitées à la visite en Drôme et d’avoir été mises devant le fait accompli. Elles avaient le sentiment qu’on leur forçait la main comme en avait trop souvent l’habitude le directeur artistique. Le frère Jacques avait alors pris la parole et décrit son éblouissement à la découverte de l’atelier des lisseurs. Il avait aussi déclaré que la sélection initiale restait respectée, puisque la tapisserie serait installée dans la chapelle Saint-Gabriel, à condition, bien sûr, d’avoir l’autorisation du recteur. Les décisions de la commission artistique n’étaient pas modifiées. Il y aurait simplement cette année un lieu d’exposition supplémentaire. La tapisserie inaugurerait merveilleusement la collaboration entre l’association et le Sanctuaire.
Sur l’esthétique du tableau, les avis divergeaient.
— C’est franchement laid, asséna Joseph. Perso je ne comprends pas le message de l’artiste.
— C’est une allégorie de l’Assomption. On pourrait la sortir pour la messe en plein air du 15 août, s’exclama Élisabeth.
— Je ne suis pas sûr que le père recteur approuve l’idée, chuchota le frère Jacques derrière son masque.
— Je saurai bien le convaincre, lui rétorqua sur le même ton notre botaniste.
— Il ne faut pas toujours chercher un message, fit remarquer Dino. L’essentiel c’est l’émotion qui transpire dans l’œuvre. Avez-vous trouvé un message dans mes tableaux ? Si oui, il y a fort à parier qu’il est très éloigné des intentions qui m’ont guidé dans leur réalisation.
— Moi, ce tableau, il me fait frissonner.
— Moi, brûler plutôt, on sent la chaleur des flammes ! C’est quoi son titre ?
— À ma connaissance, il n’en a pas encore.
— Il en faut un pour la com. Un truc qui claque.
— Notre-Dame brûle ?
— Bof.
— Je vais y penser. Promis, je vous trouverai « un truc qui claque », assura Dino qui ne quittait pas l’écran des yeux.
Devant l’enthousiasme majoritaire, les réticents ravalèrent leur amour propre. C’était décidé, on ouvrirait cet été et la tapisserie trônant dans la chapelle créerait l’événement pour le vingtième anniversaire de l’exposition, à condition, bien entendu, que les autorités de la Compagnie de Jésus l’accepte.
Il restait à préciser les modalités des visites en cette période où des mesures sanitaires étaient encore en vigueur. La solution fut vite trouvée grâce à l’astuce et l’esprit pratique des bénévoles. Un contingentement serait instauré par un système de jetons qui limiterait le nombre de présents concomitants dans le bâtiment à un maximum de quatre-vingts.
La réunion avait redonné bon moral à tous. Après les épreuves du printemps, l’été 2020 promettait d’être exceptionnel.
Malgré la frustration d’une convivialité entravée, les retrouvailles étaient joyeuses. La vie reprenait son cours. L’ordre du jour de la séance ne comprenait qu’une question, mais elle était d’importance. Fallait-il ajourner l’exposition, comme les responsables de la plupart des autres événements, festifs, culturels ou sportifs, l’avaient décidé partout en France ? Pour le trenttième anniversaire, c’était un crève-cœur. Les avis étaient partagés et la discussion s’éternisait.
Alors, Jérémie, ménageant ses effets, avait affiché sur son ordinateur l’image de la tapisserie. Il avait retourné l’appareil pour que tous voient bien l’écran et un frisson avait parcouru la table.
— Waouh, s’était exclamé Dino, c'est gonflé ! Typique de la « figuration libre » et, ce visage… Miyazaki revisité par Warhol ! je reconnais la pâte de Betty. C’est tout à fait son truc de mélanger ainsi les genres. D’où sors-tu cette merveille ?
— Betty ? C’est pas le prénom que j’ai vu sur la signature, je crois que l’auteur, c’est son fils. Et on n’est plus dans « la figuration libre », mais dans le Hi-Lite, répondit Jérémie content de montrer qu’il était très au fait l’actualité artistique.
— Ok, ok, Hi-Lite, et moi je suis has been. Faut que j’arrête de peindre. Mais tu sors d’où cette image ?
— Je ne vous en avais pas parlé. Jusqu’à hier, ce n’était qu’un rêve. Mais la pandémie a tout changé et c’est, peut-être maintenant pour nous, une occasion en or, un truc qui pourrait nous faire connaître à un niveau national, affirma le directeur.
Il relata sa visite de l’atelier des lisseurs avec les deux Jésuites. Aucun présent à la réunion, à part le directeur et le frère Jacques, n’était au courant et tous ignoraient l’existence du tableau et de la tapisserie. La surprise était totale. Chacun se leva pour examiner de plus près l’écran sur lequel les couleurs explosaient.
— J’ai reçu hier un appel des lisseurs, reprit Jérémie. Ils se désespéraient de ne pas pouvoir montrer leur ouvrage. Ils ont contacté leur commanditaire et l’ont convaincu de le présenter à Covaulles dans une exposition rurale, une des rares à se tenir malgré la pandémie. Toutes les galeries resteront encore fermées cet été et le commanditaire souhaite néanmoins faire admirer rapidement la tapisserie. La pandémie pourrait nous porter bonheur, malgré tout. Après le loup et la disparition de Serge, cela ferait du bien !
Un vif débat s’était alors ouvert au sein du conseil. Plusieurs personnes n’appréciaient pas de n’avoir pas été consultées ni invitées à la visite en Drôme et d’avoir été mises devant le fait accompli. Elles avaient le sentiment qu’on leur forçait la main comme en avait trop souvent l’habitude le directeur artistique. Le frère Jacques avait alors pris la parole et décrit son éblouissement à la découverte de l’atelier des lisseurs. Il avait aussi déclaré que la sélection initiale restait respectée, puisque la tapisserie serait installée dans la chapelle Saint-Gabriel, à condition, bien sûr, d’avoir l’autorisation du recteur. Les décisions de la commission artistique n’étaient pas modifiées. Il y aurait simplement cette année un lieu d’exposition supplémentaire. La tapisserie inaugurerait merveilleusement la collaboration entre l’association et le Sanctuaire.
Sur l’esthétique du tableau, les avis divergeaient.
— C’est franchement laid, asséna Joseph. Perso je ne comprends pas le message de l’artiste.
— C’est une allégorie de l’Assomption. On pourrait la sortir pour la messe en plein air du 15 août, s’exclama Élisabeth.
— Je ne suis pas sûr que le père recteur approuve l’idée, chuchota le frère Jacques derrière son masque.
— Je saurai bien le convaincre, lui rétorqua sur le même ton notre botaniste.
— Il ne faut pas toujours chercher un message, fit remarquer Dino. L’essentiel c’est l’émotion qui transpire dans l’œuvre. Avez-vous trouvé un message dans mes tableaux ? Si oui, il y a fort à parier qu’il est très éloigné des intentions qui m’ont guidé dans leur réalisation.
— Moi, ce tableau, il me fait frissonner.
— Moi, brûler plutôt, on sent la chaleur des flammes ! C’est quoi son titre ?
— À ma connaissance, il n’en a pas encore.
— Il en faut un pour la com. Un truc qui claque.
— Notre-Dame brûle ?
— Bof.
— Je vais y penser. Promis, je vous trouverai « un truc qui claque », assura Dino qui ne quittait pas l’écran des yeux.
Devant l’enthousiasme majoritaire, les réticents ravalèrent leur amour propre. C’était décidé, on ouvrirait cet été et la tapisserie trônant dans la chapelle créerait l’événement pour le vingtième anniversaire de l’exposition, à condition, bien entendu, que les autorités de la Compagnie de Jésus l’accepte.
Il restait à préciser les modalités des visites en cette période où des mesures sanitaires étaient encore en vigueur. La solution fut vite trouvée grâce à l’astuce et l’esprit pratique des bénévoles. Un contingentement serait instauré par un système de jetons qui limiterait le nombre de présents concomitants dans le bâtiment à un maximum de quatre-vingts.
La réunion avait redonné bon moral à tous. Après les épreuves du printemps, l’été 2020 promettait d’être exceptionnel.
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Il est temps de me présenter pour ceux qui n’ont pas encore ouvert un tome des Chroniques de Covaulles-les-Deux-Clochers, et ne me connaissent pas. Je m’appelle Jean-Marc Kinongé et c’est moi qui ai entrepris de rédiger ces Chroniques dans des circonstances particulières que j’explique dans le tome 4.Nous sommes arrivés, ma femme et moi, par hasard, dans ce village. Nous cherchions une maison dans l’Ain pour y installer notre retraite. Nous sommes tombés amoureux d’une vieille ferme en Haute-Ardèche qu’avait su nous vanter un habile agent immobilier.
Nous ne l’avons pas regretté. Dans un paysage qui nous enchante tous les jours, nous avons découvert une communauté villageoise attachante et truculente, bien décidée à trouver son chemin entre la nostalgie d’un passé révolu, les promesses d’une hypermodernité inquiétante et les incertitudes des changements à venir, climatiques, politiques et économiques.
J’y ai fait la connaissance d’un Jésuite fascinant, le frère Jacques. Ce livre relate la seconde des affaires dramatiques dont il a été, cette fois, un acteur involontaire. J’ai tenté de l’aider, une collaboration amicale, à vrai dire plus admirative que concluante de ma part.
Comme pour les autres tomes, j’ai été aux premières loges de la plupart des événements. Je raconte à la première personne ceux dont j’ai été témoin. Les autres sont à la troisième personne. Pour plusieurs, j’ai dû broder, en m’efforçant de rester au plus près de la réalité qui, on le sait, dépasse souvent la fiction. Pour quelques-uns, j’ai gardé la troisième personne, même si je les ai vécus de près, afin de ménager le suspense et stimuler la curiosité du lecteur.
J'avais été élu au premier tour des élections municipales de Covaulles-les-Deux-Clochers avec deux membres de la liste avant le confinement, mais il avait fallu attendre le second tour, le 29 juin, pour que notre victoire soit complète et que Jules V. devienne le nouveau maire du village. La campagne électorale et la période de confinement nous avaient alertés sur l’appétit des habitants pour les informations locales. Aussi, nous avions décidé de lancer un bulletin mensuel. Chargé de la communication au sein de la municipalité, sachant que l'association Covaulles’Art Expo maintenait son exposition, malgré la pandémie toujours rampante, j’avais contacté ses responsables. Nous souhaitions redonner le moral aux habitants éprouvés par la situation sanitaire et tous les événements qui l’avaient accompagnée. Mettre en avant la réussite des bénévoles de l’association serait le scoop idéal pour notre premier bulletin.
Nous approchions de l’inauguration de l’exposition, tous les choix artistiques étaient bouclés, même celui de la chapelle Saint-Gabriel. Le retour des autorités de la Compagnie de Jésus avait été favorable et les bénévoles avaient nettoyé le bâtiment. Ils avaient construit un dispositif capable de présenter une œuvre qui mesurait tout de même deux mètres sur trois, la plus grande jamais accueillie par l’association. Cela nécessitait quelques aménagements et le menuisier du village avait imaginé un dispositif à la hauteur de l’enjeu.
La réouverture de l’édifice, fermé depuis de nombreuses années, réjouissait les habitants. Les promenades des retraités passaient par la chapelle. Ils avaient assisté aux travaux par la porte béante. La charpente en cours de montage ressemblait à une guillotine suscitant quelques quolibets chez les promeneurs. Mais les bénévoles restaient stoïques, muets, un sourire de Joconde sur les lèvres. La tapisserie n’arrivait que la veille de l’inauguration et il avait été convenu de ne rien dévoiler pour ménager la surprise.
Le nom de l’œuvre attendue était la seule information qui avait filtré. Dino n’avait pu garder sa langue. Il était trop fier de sa trouvaille. À un apéro bien arrosé au café du Moulin, il avait susurré qu’on admirerait bientôt une Vierge incandescente. L’appellation avait fait mouche, elle s’était vite répandue dans le village, déclenchant l’enthousiasme des plus pieux et quelques fantasmes chez plusieurs autres, pas uniquement de sexe masculin.
Personnellement, j’avais tenté d’en savoir plus auprès du frère Jacques, mais impossible de délier la langue d’un Jésuite.
— Tu ne seras pas déçu, m’avait-il simplement assuré.
Par ma femme qui s’occupait de la programmation estivale du cinéma du village, j’avais compris que l’association des cinéphiles était aussi impliquée. La pandémie interdisait l’ouverture de la salle de projection, mais, en collaboration avec Covaulles’Art Expo, une séance en plein air était prévue. Comme le frère et les bénévoles, elle avait promis le secret. Elle était partie à des réunions dans un village voisin, puis plus loin à Lyon. Je voyais l’excitation dans ses yeux à son retour.
— C’est juste incroyable ! m’avait-elle confirmé.
Ces cachotteries excitaient la curiosité des Covaullais et provoquaient aussi des discussions orageuses dans les ménages. J’étais le premier frustré. Impossible d’avoir le scoop pour le bulletin municipal. Pour calmer mon aigreur, Jérémie avait accepté un entretien. En voici un extrait :
Jean-Marc : Covaulles’Art Expo ouvre ses portes bientôt, malgré les restrictions encore en vigueur.
Jérémie : Nous en avons beaucoup discuté, ce fut une décision difficile. Cette année est le trentième anniversaire de l’exposition. Il aurait été dommage de ne pouvoir le fêter. Mais nous ne sommes pas irresponsables. Tout un protocole est prévu pour éviter les contagions : masque, lavage des mains, contingentement des visiteurs. Nous serons intraitables sur les règles sanitaires.
JM : Déjà trente ans ! Un bel âge pour une association et plus encore pour une exposition.
J : L’âge de la maturité ! Je suis toujours admiratif de constater l’engagement, l’enthousiasme et l’inventivité des bénévoles qui ne faiblissent pas. À Covaulles, on sait retrousser ses manches pour des causes qui en valent la peine. L’exposition n’a pas d’équivalent en Ardèche nord. Bien des villages la jalouse.
JM : Avez-vous prévu quelque chose d’exceptionnel pour cet anniversaire ?
J : Bien sûr. Tout d’abord une salle sera réservée aux tableaux de Dino, bien apprécié des Covaullais comme musiciens, mais peu connaissent ses talents de peintres. Dino aura soixante-dix ans cette année. Nous fêterons donc deux anniversaires, le sien et celui de l’association. Dino a commencé la peinture avec les fondateurs de l’école de la « figuration libre ». C’est un courant artistique que nous avons peu eu l’occasion de présenter. Ce sera la surprise de cette année avec Dino et un autre représentant, un jeune, exceptionnel… qui a repris le flambeau, au sens propre. Mais je n’en dis pas plus. Les Covaullais le découvriront, le jour de l’inauguration. Je peux seulement assurer que cela va faire du bruit ! On parlera de l’exposition et du village dans toute la presse !
JM : L’œuvre sera présentée à la chapelle Saint-Gabriel ?
J : Oui, c’est pour moi l’occasion de remercier les représentants du Sanctuaire pour leur accueil et leur esprit d’ouverture. Gageons que nous entamons une coopération faite pour durer.
JM : On parle d’une « Vierge écarlate » ou d’une « Vierge incandescente »
J : « Incandescente » est le bon adjectif, trouvé par Dino, notre artiste local. Mais, n’insistez pas je n’en dirais pas plus.
Le directeur artistique, en fin communicant, n’avait fait qu’accroître notre curiosité impatiente.

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