J'ai déjeuné chez mon assassin !
1 La publication des premiers tomes des Chroniques de Covaulles-Les-Deux-Clochers a suscité quelques émotions dans le village de Lalouvesc en Ardèche du nord, dont je me suis librement inspiré pour leur décor. Certains ont apprécié, ont souri, se sont réjouis ; d’autres, au contraire, se sont rebiffés, jusqu’à tenter d’en réduire la diffusion locale par divers subterfuges, avec, comme toujours dans ce cas, l’effet inverse, l’interdit appelant la curiosité. Cette expérience picrocholine m’a surpris. Sans prétendre trancher la question, mille fois discutée par ailleurs depuis l’Antiquité, de la relation entre fiction et réalité, il me fallait réfléchir plus avant aux conséquences de l’une sur l’autre et vice-versa, puisque j’y étais directement interpellé. Je ne suis pas innocent dans cette histoire. Comme auteur, j’ai inscrit sur la quatrième de couverture des livres, qu’ils « rendent hommage à son village en questionnant son avenir ». Ce faisant, la réalité du village est explici...