Épisode 1 du T1 : Jeu et télé

T1 des chroniques 
de Covaulles-les-Deux-Clochers 
 
Lost in the Woods
 

1

Je m’appelle Jean-Marc Kinongé. Nous sommes arrivés, ma femme et moi, par hasard, à Covaulles-les-Deux-Clochers. Nous cherchions une maison dans l’Ain pour y installer notre retraite. Nous sommes tombés amoureux d’une vieille ferme en Haute-Ardèche qu’avait su nous vanter un habile agent immobilier.
Nous ne l’avons pas regretté. Dans un paysage qui nous enchante tous les jours, nous avons découvert une communauté villageoise attachante et truculente, bien décidée à trouver son chemin entre la nostalgie d’un passé révolu, les promesses d’une hypermodernité inquiétante et les incertitudes des changements à venir, climatiques, politiques et économiques.
J’y ai fait la connaissance d’un Jésuite fascinant, le frère Jacques. Ce livre relate la première des affaires dramatiques qui, en 2020, a démarré notre collaboration amicale, à vrai dire plus admirative que concluante pour ma part. J’espère que, comme moi, vous apprécierez l’habileté avec laquelle cet étonnant Jésuite sait dénouer les intrigues. C’est aussi l’occasion de montrer combien cet attachant village est confronté à des défis qui le bousculent.
J’ai été aux premières loges de la plupart des événements. Je les raconte à la première personne. D’autres m’ont été relatés, ils sont à la troisième personne. Pour certains, j’ai dû broder, en m’efforçant de rester au plus près de la réalité qui, on le sait, dépasse souvent la fiction. Le lecteur les repérera grâce au changement de point de vue. Il jugera lui-même de la vraisemblance de leur reconstruction. 

2

— Fais voir.
Dans un coin de la cour de récréation du lycée Saint-Brébeuf à Annonay, quatre garçons se passaient un téléphone.
— Wesh, ça craint de fou ! Ils font vraiment peur ces zombis.
— C’est pas des zombis, c’est genre des morts-vivants. C’est des contaminés, en mode de malades. Y a un virus qui attaque et menace tout le monde.
— Faut les tuer pour se sauver ?
— Ouais c’est ca. Toute la planète est en danger. Faut les éliminer pour pas être contaminé soi-même et sauver l’humanité.
— Et genre t’es un superhéros ?
— Pas vraiment, t’en prends aussi plein la gueule. Genre c’est pas facile, t’as pas de pouvoirs spéciaux. Tu dois te débrouiller. Trouver les bons chemins et les armes qu’y faut.
— Les images sont trop cool. Mieux qu’au ciné. Et la forêt est grave stylée ! Les arbres, les feuilles. C’est tout fluide. Le soldat pousse les branches en marchant, on s’y croit vraiment.
— C’est pas un soldat, c’est un survivant. Il s’est préparé, et a suivi un entraînement.
— Les animaux aussi sont grave stylés. 
— Ils sont trop sympas et en plus pas malades. Immunisés contre le virus. ils sont là pour t’aider.
— Je le veux. Y m’faut ce jeu. Comment il s’appelle ?
— Lost in the Woods. Perdu dans la forêt en français. Mais c’est interdit au moins de dix-huit. C’est mon frère, Kevin, qui l’a acheté. 
— T’as pu y jouer pour l’essayer ?
— Nan. Mes parents veulent pas. Askip c’est trop violent pour moi. Et mon reuf veut rien savoir. Chuis dégouté. Resté en mode spec. J’ai regardé par-dessus son épaule. Ça faisait grave peur. 
— Il s’est enfoncé loin dans la forêt ? Il a descendu beaucoup de malades ?
— Des « contaminés », j’t’ai dit. Mais c’est grave difficile de les chopper, faut plusieurs coups pour les niquer, le frangin y m’écoute pas et y s’fait dégommer tout de suite.
Lucas restait à l’écart du cercle de garçons réunis autour du téléphone au fond de la cour du lycée, mais il ne perdait pas une miette de la conversation et il s’était approché pour voir les images de la bande-annonce du jeu.
Il ne disait rien, c’était un taiseux. Il avait quinze ans, comme ses camarades. Comme eux, il était fasciné par ce jeu qui venait de sortir en France avec une puissante promotion et avait tout de suite rencontré le succès auprès des gamers. Tous les fans de jeu vidéo étaient bluffés par le rendu réaliste des images, des mouvements et des situations. On sentait presque l’humus de la forêt, on sursautait si le héros était fouetté par une branche, on avait froid lorsque la nuit tombait, on était trempé s’il pleuvait, du moins, on en avait l’illusion. Il fallait un petit moment pour retrouver ses esprits et le monde réel quand on éteignait la console.
Le scénario était un vrai thriller, bien en phase avec l’époque. Il captivait les joueurs. Le danger était derrière chaque arbre, chaque buisson. Pas question de rester les bras croisés, le héros devait réagir, se sauver et sauver la planète entière atteinte par un virus qui rendait les contaminés très agressifs et violents. Le virus décuplait leur force avant une mort rapide. Ils attaquaient les humains, les contaminaient à leur tour ou les dépeçaient parfois. Le héros, piloté par le joueur, devait trouver des armes, éviter les pièges et se faire des alliés auprès des rares humains encore en bonne santé. Un jeu addictif, difficile d’en sortir une fois passée la lisière de la forêt.
Ce scénario touchait Lucas au cœur, plus encore que ses camarades lycéens. La forêt, c’était son domaine. Il s’y précipitait chaque week-end, quand il retournait au village, dans la montagne ardéchoise, à Covaulles-les-Deux-Clochers chez ses parents. Il en avait exploré la profondeur, les chemins, les clairières, les rochers, les vallons, les ruisseaux. Il savait repérer les différentes essences des arbres. Il connaissait les coins à champignons. Il observait la faune. Il admirait les gros oiseaux, l’épervier, le pic épeiche, les geais, les corbeaux… et aussi les animaux à quatre pattes, les lièvres, les martres… et, les plus gros, les chevreuils, les sangliers ou le soir, les chats-huants, les blaireaux… Mal à l’aise avec les adultes, peu liant avec les jeunes de son âge, dans la forêt il respirait, là il se sentait vivant. Il appartenait au Grand Tout. 
Cet après-midi-là, à la fin des cours du lycée où il était pensionnaire, Lucas retrouvait sur la bande-annonce du jeu vidéo un univers familier, son royaume. Lost in the Woods, Perdu dans la forêt, une forêt qui ressemblait à la sienne. Enfin, pas tout à fait comme la sienne, chez lui, on ne croisait personne ou presque, pas des « contaminés » en tout cas, quelques chasseurs parfois, mais ils étaient bien portants et plutôt rigolards. 
Inversement, les animaux n’étaient pas tous sympathiques, aidants, mignons et gentils. On les entendait, mais ils ne se laissaient pas approcher. Ils étaient souvent cruels. La loi de sa forêt n’était pas bienveillante.
Avec des « contaminés » dans les bois, la bataille du jeu pour la survie se tenait entre les hommes. C’était une révélation pour Lucas, qui avait du mal avec ses congénères. Plus besoin de discuter, de se justifier, de répondre, de trouver les mots, dans le jeu, on s’entraidait entre rares bien-portants sans explication superflue. On tirait sur tous les autres, les contaminés, et on fuyait. Simples, brutales, ces règles convenaient à l’adolescent.
Le jeu était fait pour lui. Même s’il n’avait que quinze ans, il devait se le procurer. Dans sa forêt, celle qu’il arpentait en fin de semaine, il n’y avait pas de « contaminés », pas encore. Mais s’ils arrivaient, il lui faudrait être prêt, pensait-il. Il n’avait pas tort, le titre était prémonitoire, spécialement pour lui, même s’il l’ignorait ce jour-là. 

3

— Sûr, qu’on se marre plus chez toi qu’avec la réalisatrice ! R’mets une tournée, avant que j’retourne à la voiture !
La chapka de l’actrice et sa gouaille réjouissaient les clients du Café du Moulin, le seul ouvert en hiver à Covaulles-les-Deux-Clochers. L’actrice vivait son rôle dans la vie comme sur l’écran, sans filtre. Au bar, le patron et les habitués étaient aux anges.
Mi-février 2020, une équipe de télévision enregistrait un épisode de la populaire série policière Capitaine Merleau. Cela mettait un peu d’ambiance dans le village de Haute-Ardèche, plutôt désert et morne à cette époque de l’année. 
L’imposante basilique était favorable au tournage de l’intrigue. La situation du village sur un col donnant d’un côté vers les Alpes, de l’autre vers les Cévennes autorisait des cadrages intéressants sur des paysages exceptionnels. Et l’assistant de production était allé à l’école des Jésuites, il connaissait ceux qui maintenaient le Sanctuaire. Autant de qualités qui avaient déterminé le choix du lieu.
Cet après-midi-là, il ne faisait pas chaud, mais très beau. À 1 000 mètres d’altitude, nous étions au-dessus des nuages. Les sommets qui se profilaient au loin étaient enneigés. L’équipe tournait une scène dans le magasin de souvenirs de Jean-Paul sur la rue principale. Pour la première séquence de la journée, une camionnette bleue de gendarmerie devait s’arrêter devant la vitrine, le capitaine Merleau en sortirait avec un de ses collègues et entrerait dans la boutique. Une séquence simple, de routine, l’équipe de tournage attendait sur le trottoir les instructions, sans hâte. 
La réalisatrice, engoncée dans l’anorak en plumes de la production, meccarillo entre ses lèvres serrées comme si elle voulait le couper, assise près de la porte, droite sur un haut fauteuil en toile siglé à son nom, tenait néanmoins à faire un essai avant de démarrer la prise de vue. Un « chercheur de champ » devant son œil pour vérifier la pertinence du cadrage, elle guettait l’arrivée du véhicule. Elle fit un signe à son assistante pour qu’elle envoie le top de départ à la voiture qui attendait avec l’actrice principale à l’entrée du village. 
— Go, lança cette dernière dans son téléphone.
Quelques secondes plus tard, une fourgonnette, toutes sirènes hurlantes, pénétra dans la rue. « Réactifs, les figurants ! » pensa l’assistante.
La voiture freina brutalement devant la réalisatrice. Deux gendarmes en sortirent mitraillette aux poings et s’engouffrèrent en courant dans la ruelle adjacente. Un troisième avec un képi, ou plutôt une troisième, c’était une femme, descendit à son tour et intima : 
— Personne ne bouge !
— Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ? s’exclama la réalisatrice en se levant. Qui m’a foutu des zozos pareils ? Vous ne savez pas lire un script ?
— Dites donc vous, ce n’est pas une longue vue dont vous auriez besoin, mais d’un sonotone ! J’ai dit : personne ne bouge !
Entre-temps, une quatrième gendarme, celle qui conduisait la fourgonnette s’était placée à côté de sa supérieure. Elle avait récupéré, elle aussi, sa mitraillette et la braquait sur l’équipe de tournage qui commençait à protester.
— On se calme, suggéra l’assistante de réalisation qui ne reconnaissait pas ses figurants, je pense qu’il y a une confusion.
À cet instant, une seconde camionnette bleue, munie d’un gyrophare qui clignotait, vint se garer doucement derrière sa jumelle et le capitaine Merleau, la vraie, enfin l’actrice, en sortit. 
— Super, des doublures ! s’exclama-t-elle en voyant les uniformes. Je vais pouvoir poser mes RTT !
Elle s’avança en tendant la main à la femme au képi. Interloquée, surprise par l’arrivée intempestive de collègues gendarmes qu’elle ne connaissait pas, celle-ci esquissa un salut réglementaire.
— Oh, oh ! Service-service ! Capitaine Merleau, et vous ?
— Capitaine Lavache.
— Lavache ? La vache ! j’y crois pas ! 
— Et vous, quelle compagnie ? On ne m’a pas prévenu qu’une deuxième équipe était sur le coup, rétorqua courroucée le capitaine.
— L’équipe Merleau, Merleau de Hollywood & Compagnie.
— Merleau ? Vous voulez dire « Le capitaine Merleau ». Celle qui passe le vendredi soir ? bafouilla la gendarme galonnée interloquée.
— Elle-même, en chair et en os et assoiffée.
— …
— Capitaine Lavache, il faut fêter notre rencontre. Allons-nous en jeter un au Café du Moulin.
Un peu démontée par l’aplomb de sa collègue présumée, le capitaine expliqua qu’ils étaient en opération à la poursuite d’un cambrioleur, un dangereux récidiviste sans doute armé. Il fallait rester prudents et ne pas bouger d’ici. On aurait peut-être besoin de faire appel au GIGN, si ça tournait mal.
Au même moment, les deux gendarmes qui s’étaient engouffrés dans la ruelle adjacente en ressortaient, poussant un homme torse nu, vociférant, les mains menottées dans le dos. Le capitaine félicita ses hommes et ordonna de boucler l’individu dans le fourgon et de le ramener à la gendarmerie.
— Moi, je reste un peu. Je dois compléter les investigations sur place. Le capitaine Merleau me raccompagnera.
— Sûr, confirma Merleau.
Le capitaine Lavache était responsable de la gendarmerie locale, située dans un village voisin. Revenue de ses émotions, elle s’était souvenue qu’elle était une inconditionnelle de la série télévisée Capitaine Merleau. Elle ne ratait pas un épisode. Et sans y prendre garde, elle reprenait dans son travail certaines des répliques bien senties de l’héroïne, capitaine de gendarmerie comme elle. 
Elles avaient le même tempérament, la même façon directe et sans détour de concevoir leur métier ou plutôt de jouer leur rôle. Alors, rencontrer pour de vrai le capitaine Merleau, enfin l’actrice qui jouait le rôle… le capitaine Lavache rêvait éveillée. 

4

Bras dessus - bras dessous, les deux capitaines se dirigèrent vers le café, abandonnant les techniciens et la réalisatrice, qui ne comprenait toujours rien de la séquence et engueulait son assistante.
Le capitaine Lavache connaissait bien le Café du Moulin et son patron, pour lequel elle avait une affection particulière. Elle était en service, elle commanda une limonade. Mais rencontrer son idole n’arrivait pas tous les jours. Elle se laissa embarquer par les tournées qui se multipliaient avec les habitués présents et Merleau en grande forme. L’équipe de tournage les avait rejointes, le temps que la réalisatrice règle son différend avec son assistante.
Au bout d’un moment, l’ambiance aidant, l’actrice prit le képi de son alter ego et posa à la place sa chapka.
— Lavache, tu m’plais. Mais à partir de maintenant plus personne t’appellera « La vache ». Je t’rebaptise. Tu seras mon incarnation en Ardèche. Tout le monde t’appellera désormais « capitaine Merleau » !
Le capitaine était ravi. Depuis l’enfance, elle souffrait des plaisanteries sur son nom, et c’était pire encore depuis qu’elle avait intégré la gendarmerie. Elle acquiesça avec un grand sourire. Toute l’assistance s’écria :
— Pour les capitaines Merleaux, hip, hip, hip ! hourra !
Au même moment, l’assistante de réalisation, un peu interloquée, entrait dans le café pour réclamer le retour des acteurs et des techniciens.
— Faudra r’venir enregistrer un autre épisode de la série ici, suggéra l’actrice à la réalisatrice. J’suis en train de former l’équipe numéro deux.
— Bien sûr, bien sûr, rétorqua la réalisatrice toujours de mauvaise humeur. En attendant, monte dans la camionnette, on a perdu assez de temps comme ça.
La nouvelle du changement de nom du capitaine de gendarmerie se répandit très vite dans le village et, depuis ce jour, on n’appela plus jamais le capitaine Lavache par son patronyme officiel, mais « capitaine Merleau » ou, plus familièrement, juste « Merleau ».
Ce fut une fin d’après-midi mémorable. Je peux en témoigner. J’y étais. Récemment installé avec ma femme dans un hameau à l’écart du bourg après une carrière passée au Québec comme professeur de français, je ne connaissais à l’époque que très peu d’habitants : quelques commerçants pour les courses d’alimentation et quelques artisans auxquels nous avions fait appel pour rénover notre nouvelle habitation. Je fréquentais régulièrement le café pour élargir notre cercle.
Il y avait aussi ce jour-là Serge et Judith, son amie. Serge avait été recruté par la production de la série pour un petit rôle dans l’épisode en tournage. Il jouait le bedeau de la basilique. C’était un acteur, approchant la cinquantaine gominée et souriante, qui avait pris ses quartiers à Covaulles faute de réussites dans les castings. Mais le village paisible ne rendait pas justice à son talent, pensait-il. Il voulait le réveiller. Il avait des ambitions locales, politiques. Il voulait des estrades et visait la mairie. Serge était candidat aux élections municipales, prévues le mois suivant, en mars 2020.
Son expérience de comédien aurait dû l’aider à conduire une campagne électorale spectaculaire. Mais celle-ci était à l’image de sa carrière actuelle : poussive. Six mois auparavant, il avait distribué un tract dans toutes les boîtes aux lettres avec sa photo, souriant de trois-quarts sur la page et l’injonction : « Tous unis pour Covaulles-les-Deux-Clochers. Rejoignez Serge Villedieu ! ». Les Covaullais n’avaient pas su saisir leur chance et la main tendue. Depuis, il avait tant bien que mal réuni autour de lui une dizaine de Covaullais et Covaullaises pour constituer son équipe. 
À l’évidence, il n’arrivait pas à convaincre. À l’approche du vote, il s’inquiétait d’autant plus que d’autres listes concurrentes et mieux implantées s’annonçaient. Il cherchait « un bon boost de com » pour assoir une popularité encore hésitante. Il se demandait si le passage de l’équipe de télévision dans le village ne pourrait pas donner un coup de fouet à sa campagne.
Il avait pensé improviser une allusion aux élections municipales au cours de la scène unique où il était filmé, mais elle aurait été coupée au montage. Et de toute façon, l’épisode n’était programmé que dans plusieurs mois, bien après les élections.
Sa seconde idée était de se faire parrainer par l’actrice principale. Sa tête en gros plan sur l’affiche et, dans un coin, le capitaine Merleau proclamant : « je vote pour Serge ». Sans parler de sa popularité nationale, avec la notoriété locale qu’elle avait acquise depuis le tournage, il était sûr d’être élu. Pour une raison qui lui échappait, l’actrice avait refusé. Mais elle avait promis de réfléchir à un plan pour l’aider.
Ce jour-là au bistrot, il aurait voulu approfondir le sujet. Mais Judith était présente. Elle paraissait passablement énervée par la complicité nouvelle et manifeste de Serge avec l’actrice. Par prudence, il avait remis à plus tard la discussion.

A suivre... Épisode 2 : Élection et forêt

 
 

Bientôt disponible en ebook et en livre



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